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Metz Magazine
Mai 2012
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La place Sainte-Croix est l'acropole de Metz. C'est là que s'élevait probablement un temple en l'honneur de Jupiter. Un ex-voto, une main en bronze doré, découvert sur ce site et visible au musée, pourrait provenir de ce temple. Le nom de la place perpétue le souvenir de l'église Sainte-Croix, construite afin de christianiser ce lieu de culte païen et disparue après la Révolution.
La fontaine Sainte-Croix, construite en 1734, a perdu, à la Révolution, les statues du Christ et d'apôtres qui l'ornaient.

Maternité Sainte Croix
La place est bordée de plusieurs maisons gothiques bâties du XIIIe au XVe siècle.
Ainsi, l'hôtel de la Bulette, datant du XIIIe siècle, possède encore ses fenêtres gothiques à l'attique, ses créneaux et deux échauguettes.
La "Bulette" était un droit perçu par la ville : une bulette de cire authentifiait tout acte notarié concernant la propriété foncière. En 1507, le bâtiment fut converti en prison. En 1870, il fut aménagé en maternité.
A droite de la fontaine, une maison d'époque Louis XVI possède une porte surmontée d'un beau tympan orné de trophées musicaux.
L'hôtel Saint-Livier, au 1 rue des Trinitaires, illustre parfaitement l'influence italienne sur l'architecture civile médiévale à Metz telle qu'on la retrouve, par exemple, place Saint-Louis.
Cette architecture, amenée par les banquiers italiens à partir du XIIIe siècle, présente ici tous ses éléments caractéristiques : une haute tour donjon et une toiture basse, en retrait de la façade, dominée par un mur écran crénelé de plusieurs mètres de haut (le niveau de la toiture est indiqué par les gouttières qui traversent le mur écran).
La façade possède des fenêtres du XIIIe siècle (petites fenêtres aux étages supérieurs et tympans trilobés) et du XVIe siècle (grandes baies).
On peut remarquer un réemploi d'une fenêtre du XIIe siècle (en pierre blanche).

Dans la rue des Trinitaires
Saint Livier était un officier romain messin qui défendit Metz, en 451, contre Attila, qui le fît décapiter. La cathédrale possède ses reliques et au Pontiffroy subsistent les vestiges de l'église qui lui était dédiée.
Au XVIe siècle, cet hôtel particulier appartenait aux Gournay,avant de passer dans la famille de la Hillière ; leurs armoiries ornent le portail bâti en 1620.
Charles Quint logea dans cette maison en 1540.
Après avoir abrité une partie des salles de cours du Conservatoire National de Musique de Région de Metz, l'hôtel Saint-Livier est aujourd'hui le siège du FRAC Lorraine (Fonds Régional d'Art Contemporain).
La rue des Trinitaires doit son nom aux religieux de la Trinité qui s'y installèrent en 1561.
Leur église, à l'angle des rues du Haut Poirier et des Trinitaires, fut construite au XVIIIe siècle (la date, 1720, est gravée dans le fronton).
Le décor de guirlande de fleurs et de coquilles, sur la façade, est caractéristique du style Régence. L'église, temple protestant en 1804, puis entrepôt des pompiers, est aujourd'hui une annexe du Musée. Elle est en cours de restauration.
A côté de l'église, une belle maison Louis XV possède une porte du début du XVIIe siècle, encadrée de pilastres dont les chapiteaux sont ornés de têtes d'anges.
A l'extrémité de la rue, près de la place Jeanne d'Arc, se trouve le caveau des Trinitaires, une salle de spectacles. A côté, se dresse une chapelle construite au milieu du XIXe siècle.
D'abord chapelle des Jésuites, puis des Carmélites jusqu'en 1955, elle est aujourd'hui une salle de théâtre. Le cloître, de la même époque, englobe une partie des bâtiments de l'hôtel gothique de Chaverson.
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