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Abraham Fabert est né à Metz le 11 octobre 1599, fils d'Abraham Fabert, directeur de l'imprimerie ducale à Nancy, puis maître-imprimeur-juré à Metz. Notable de la ville, Abraham Fabert père fut à cinq reprises Maître-échevin ("maire") de la cité, il était également seigneur de Moulins-lès-Metz où il possédait le château. Le jeune Abraham Fabert devait reprendre la charge d'imprimeur de son père, mais il préférait le métier des armes. Il fut capitaine de la troupe des enfants de la ville avant d'entrer comme cadet dans les gardes françaises dès 14 ans. Il étudia les mathématiques, la géométrie et le dessin, ce qui lui permit de devenir l'un des premiers ingénieurs militaires de son siècle. Il parlait cinq langues : français, allemand, espagnol, italien, flamand. En 1618 il était nommé lieutenant au régiment de Piémont, puis en 1619 capitaine d'un régiment au service de la reine-mère Marie de Médicis. A la suite de dissensions entre le roi et sa mère, tous les officiers ayant servi la reine-mère tombèrent en disgrâce et virent leur avancement stagner. A. Fabert en pâtit. Néanmoins il servit dans les troupes de Louis XIII en lutte contre les Protestants en Poitou, puis en Languedoc, fut présent aux sièges de Royan, Montpellier, puis La Rochelle (1627). Il combattit en Savoie et au Piémont, se signala par ses actes de bravoure, son ingéniosité et sa volonté de préserver la vie de ses hommes. Il fut blessé de nombreuses fois. |
Capitaine en 1631, il participa aux campagnes du roi de France contre le duc de Lorraine (sièges de Moyenvic, Trêves, Nancy, La Mothe), fut fait prisonnier à Thionville par les Espagnols (alors maîtres des Pays-Bas). Il fut libéré au bout de cinq mois sur l'intervention personnelle de Louis XIII qui l'apréciait beaucoup et le recevait comme un ami à la Cour (le roi disait de lui : M. de Fabert a des talents admirables: il promet plus qu'on espère et fait plus qu'il ne promet ). En 1635, Abraham Fabert prenait le commandement de la place-forte de Metz où il fit renforcer les remparts et la citadelle. Il reçut ensuite le gouvernement de Baccarat, fit campagne en Alsace, en Bourgogne, en Flandres. Il renforça les places fortes de Picardie, combattit sous Maubeuge, Cambrai et Arras, se distingua également en Italie et en Catalogne (sièges de Collioure et de Perpignan). En 1642 il était nommé gouverneur de Sedan, charge qu'il conserva jusqu'à sa mort. Après les décès de Louis XIII et de Richelieu, il servit avec fidélité le cardinal de Mazarin et le jeune Louis XIV, y compris pendant les troubles de la Fronde (rébellion des princes et du parlement contre le roi). En 1650 il était fait marquis et en 1651 lieutenant-général des armées. Il combattit les troupes de prince de Condé dans les Pays-Bas, remporta le siège de Stenay (1654). En 1655 il fut nommé gouverneur de Thionville et prit le commandement de toutes les troupes de Champagne. |

En 1658 enfin, il recevait le bâton de maréchal de France. A la mort de Mazarin (1661) on songea à lui comme premier ministre, mais le roi avait décidé de gouverner seul. L'année suivante, en 1662, Abraham Fabert mourut à Sedan des suites de fièvre. Il avait épousé à Metz en 1631 Claude Richard de Clevant, fille du gouverneur-prévôt de Pont-à-Mousson dont il eut six enfants. Ses trois filles firent de beaux mariages dans la grande noblesse française. Deux fils moururent en bas âge, l'aîné périt à 18 ans, en combattant comme colonel du régiment de Lorraine contre les Turcs dans l'île de Crète.
Le tombeau
du maréchal Fabert et de son épouse à Sedan
fut profané par les Révolutionnaires en 1793 et
ses restes dispersés. En 1846, Metz lui rendit hommage
en donnant son nom à une rue de la ville. Dès 1842,
une statue de lui par Etex était installée sur la
place d'Armes de Metz. Un des lycées
de la ville porte également son nom.

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